L’auditeur du Conseil d’État vient de rendre un avis défavorable concernant le régime transitoire des primes à la rénovation, institué à la suite de l’annonce du 13 février 2025. Cet avis, bien que non définitif, constitue un signal important qui interpelle la FEDEB et l’ensemble du secteur. Cet élément juridique souligne les risques inhérents à une gestion dans l’urgence, et met surtout en évidence l’importance de la concertation et de la communication afin de sécuriser les décisions et réinstaurer de la clarté et de la confiance au sein de la filière.
Les effets de l’incertitude installée depuis février 2025 sont désormais bien documentés : l’activité liée aux audits énergétiques a reculé de 60 à 85 %, et les ménages wallons sont nombreux à avoir suspendu ou reporté leurs projets de rénovation. Ce ralentissement touche l’ensemble de la chaîne de valeur : bureaux d’études, entreprises de travaux, fournisseurs de solutions techniques. C’est toute une filière, pourtant essentielle aux ambitions climatiques de la Wallonie, qui marque le pas.
Au-delà de la question du régime transitoire et de la paralysie actuelle, une seconde interrogation pèse sur le secteur : quelles seront précisément les mesures et les moyens financiers alloués au futur régime global prévu pour le 1er octobre 2026 ? À ce stade, la FEDEB ne dispose d'aucune vision claire sur le contenu concret de ce dispositif, alors même que le budget dédié à la rénovation énergétique a déjà été revu à la baisse. Si l'enveloppe globale devait encore être rabotée à la suite de ce rétropédalage juridique, les incitations financières risquent de perdre toute attractivité. Or, le niveau de ce soutien sera déterminant pour rendre réalistes les ambitions de la Région, crédibiliser le plan d'obligations de rénovation annoncé et préserver l'ensemble de la chaîne de valeur.
S’ajoute à cela une incertitude juridique dont il faut mesurer la portée : l’arrêt définitif du Conseil d’État n’est attendu qu’au début de l’année 2027. Cela signifie qu’une période de flou réglementaire pourrait coexister avec l’entrée en vigueur théorique du nouveau régime en octobre 2026. Prévenir ce risque suppose d’agir rapidement et de manière transparente, afin que citoyens et professionnels puissent planifier leurs projets en toute confiance.
Pour restaurer la confiance et relancer la dynamique de rénovation, la FEDEB cible trois piliers indispensables : de la vision, de la communication et de la concertation. Elle reste entièrement disponible pour collaborer avec les autorités compétentes à la mise en place d’un système pérenne, incitatif et cohérent. Notre congrès annuel du 30 juin prochain, consacré aux perspectives 2026-2027, s’inscrira d’ailleurs pleinement dans cette dynamique.
La Wallonie dispose de tous les atouts pour faire de la rénovation énergétique une réussite collective et durable. Traduire ce potentiel en réalité suppose de privilégier la concertation, d’assurer une communication claire et de partager une vision cohérente le plus rapidement possible. C’est à cette condition que citoyens, professionnels et pouvoirs publics pourront avancer ensemble, avec confiance et efficacité.
La FEDEB